Bonjour,
La question mérite d’être légèrement reformulée : le problème n’est pas réellement de savoir s’il faut « payer ses charges à un syndic dont le mandat a expiré ».
Les charges de copropriété sont dues au syndicat des copropriétaires, et non au syndic personnellement. L’expiration du mandat du syndic ne fait donc pas disparaître, à elle seule, l’obligation des copropriétaires de régler les sommes régulièrement exigibles.
Il est donc déconseillé de suspendre unilatéralement le paiement des provisions du 4e trimestre au seul motif que le mandat du syndic est arrivé à son terme.
En revanche, le véritable sujet est ailleurs :
si le mandat du syndic a effectivement expiré le 30 septembre et qu’aucun nouveau syndic n’a été désigné, la copropriété se retrouve sans syndic régulièrement en fonction.
Et dans ce cas, attendre simplement l’AG du 20 novembre en espérant que la situation se régularise d’elle-même n’est pas la bonne approche.
La première chose à vérifier est donc très concrètement : Que faire lorsque le mandat du syndic est arrivé à expiration ?
La réglementation prévoit des mécanismes permettant de sortir de cette situation.
Lorsque le syndic est défaillant, le président du conseil syndical peut, dans les conditions prévues par les textes, convoquer une assemblée générale afin notamment de faire désigner un syndic.
Mais dans le cas particulier où le mandat est arrivé à expiration et où le syndicat des copropriétaires est donc dépourvu de syndic, l’article 17 de la loi du 10 juillet 1965 prévoit que tout copropriétaire peut convoquer une assemblée générale ayant pour objet de nommer un syndic.
Il n’est donc pas nécessaire, dans cette situation, d’attendre que l’ancien syndic convoque une AG ou de réunir préalablement 25 % des voix pour pouvoir engager la procédure prévue par l’article 17.
Enfin, lorsque le syndicat des copropriétaires est dépourvu de syndic et qu’une assemblée générale ne permet pas de régulariser la situation, le président du tribunal judiciaire peut être saisi afin qu’un administrateur provisoire soit désigné. Celui-ci pourra notamment prendre les mesures nécessaires pour permettre la désignation d’un syndic.
Il existe donc plusieurs voies permettant de régulariser la situation, selon les circonstances et la procédure retenue.
Enfin, lorsque le syndicat des copropriétaires est dépourvu de syndic et qu’une assemblée générale ne permet pas de régulariser la situation, le président du tribunal judiciaire peut être saisi afin qu’un administrateur provisoire soit désigné. Celui-ci pourra notamment prendre les mesures nécessaires pour permettre la désignation d’un syndic.
Il ne faut donc pas confondre deux problèmes :
1. Le paiement des charges
L’expiration du mandat du syndic ne permet pas automatiquement à un copropriétaire de suspendre le paiement des sommes dues au syndicat.
2. La régularité de la gestion de la copropriété
Si le mandat est terminé, il faut engager les démarches permettant de rétablir rapidement un syndic régulièrement désigné.
Autrement dit, la bonne question n’est pas seulement :
« Dois-je payer un syndic qui n’est plus syndic ? »
Mais surtout :
« Pourquoi la copropriété est-elle restée sans syndic depuis le 30 septembre et quelles démarches ont été engagées pour régulariser cette situation ? »
Avant de suspendre les règlements, il est donc préférable de vérifier de se rapprocher du conseil syndical pour savoir quelles démarches ont été entreprises.
Attendre le 20 novembre n’est pas une solution : si le mandat est réellement arrivé à échéance, c’est maintenant que la copropriété doit sécuriser la procédure de désignation de son prochain syndic.