Bonjour,
L’installation d’un système d’irrigation goutte-à-goutte sur le réseau d’eau des parties communes est une excellente initiative pour réduire la facture d’eau et préserver les ressources face aux épisodes de sécheresse.
1. La procédure : une autorisation de l’AG est obligatoire
Les canalisations et le réseau d’eau des parties communes sont des parties communes de la copropriété (article 3 de la loi du 10 juillet 1965). Toute installation ou modification affectant ces parties communes nécessite une autorisation préalable de l’assemblée générale.
L’article 25 b) de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 dispose que :
« Ne sont adoptées qu’à la majorité des voix de tous les copropriétaires les décisions concernant l’autorisation donnée à certains copropriétaires d’effectuer à leurs frais des travaux affectant les parties communes ou l’aspect extérieur de l’immeuble ».
En l’espèce : l’installation d’un système d’irrigation sur le réseau des parties communes concerne l’ensemble de la copropriété et doit donc être soumise au vote de l’AG. La majorité requise dépend de la nature des travaux :
| Nature des travaux |
Majorité |
Fondement |
| Entretien / amélioration (installation d’un système d’arrosage plus performant sur un réseau existant) |
Article 24 (majorité des voix des copropriétaires présents ou représentés) |
L’installation d’un système d’irrigation est un travail d’amélioration des parties communes. |
| Création d’un nouvel équipement (si aucun système n’existait) |
Article 25 (majorité absolue des voix de tous les copropriétaires) |
Il s’agit d’une création d’équipement commun. |
Recommandation : Avant l’AG, faites établir plusieurs devis par des professionnels et joignez-les à la convocation. Le devis doit préciser le coût d’installation, la consommation d’eau estimée et les économies prévisibles.
2. La répartition des charges
L’eau consommée pour l’arrosage des parties communes est une charge commune, répartie entre tous les copropriétaires selon leurs tantièmes (article 10 de la loi de 1965).
Mais attention : si le jardin arrosé est une partie commune à jouissance privative (réservée à certains copropriétaires), la répartition peut être différente. Le règlement de copropriété doit être consulté pour déterminer si les frais d’entretien et d’arrosage incombent :
- à l’ensemble des copropriétaires ;
- au seul bénéficiaire de la jouissance privative.
Si vous installez un système d’irrigation :
- le coût d’installation est une charge exceptionnelle, votée en AG et répartie selon les tantièmes (ou selon une clé spécifique votée) ;
- la consommation d’eau annuelle est une charge courante d’entretien des parties communes, répartie selon les tantièmes (sauf si le règlement prévoit une autre clé).
3. Les économies d’eau : un retour sur investissement rapide
L’irrigation goutte-à-goutte est très efficace pour réduire la consommation d’eau :
| Système |
Économies d’eau estimées |
| Goutte-à-goutte vs arrosage traditionnel |
50 % à 70 % d’économies |
Exemple concret : Une copropriété de 55 logements avec 1 800 m² d’espaces verts a réduit sa consommation d’eau de 2 767 m³ à 600 m³ par an, soit une baisse de 78 % et une économie annuelle de 6 436 € grâce à une gestion rigoureuse de l’arrosage (goutteurs, suivi des fuites, arrêt après les pluies, mise en hivernage).
Le goutte-à-goutte permet d’arroser directement au pied des plantes, réduisant les pertes par évaporation et ruissellement, tout en maintenant un jardin verdoyant.
4. Les points de vigilance
| Point |
Recommandation |
| Devis et concurrence |
Demandez au syndic de mettre en concurrence plusieurs entreprises spécialisées. Joignez les devis à la convocation. |
| Suivi des consommations |
Installez un sous-compteur dédié à l’irrigation pour suivre précisément la consommation et détecter d’éventuelles fuites. |
| Entretien |
Prévoyez un contrat d’entretien annuel (vidange, hivernage, réglages) pour garantir la pérennité du système. |
| Récupération d’eau de pluie |
Combinez le goutte-à-goutte avec un système de récupération d’eau de pluie pour des économies supplémentaires. |
| Règlement de copropriété |
Vérifiez que le règlement n’interdit pas l’installation de tels dispositifs ou ne prévoit pas de restrictions particulières. |
5. Retours d’expérience
Plusieurs copropriétés ont déjà adopté l’irrigation goutte-à-goutte avec succès :
- Montpellier : une copropriété a réalisé 78 % d’économies d’eau sur les espaces verts grâce à une gestion rigoureuse.
- Le goutte-à-goutte est particulièrement adapté aux climats méditerranéens où l’eau est rare.
- L’installation d’un système d’arrosage automatique est également possible pour les jardins extérieurs et les balcons.
6. En synthèse
| Question |
Réponse |
| L’installation est-elle soumise à autorisation ? |
Oui – vote en AG (article 24 ou 25 selon la nature des travaux). |
| Quelle majorité ? |
Article 24 (majorité simple) pour une amélioration d’un système existant ; article 25 (majorité absolue) pour une création. |
| Qui paie l’installation ? |
Répartie entre tous les copropriétaires selon les tantièmes (sauf clé spécifique votée en AG). |
| Qui paie la consommation d’eau ? |
Charge commune, répartie selon les tantièmes (sauf si le règlement prévoit une autre clé). |
| Quelles économies ? |
50 à 70 % de consommation d’eau en moins par rapport à un arrosage traditionnel. |
Conclusion : L’installation d’un système d’irrigation goutte-à-goutte est une démarche écologique et économique, mais elle nécessite une autorisation de l’assemblée générale et une étude préalable des devis et des économies attendues. N’hésitez pas à vous inspirer des retours d’expérience positifs et à combiner ce système avec la récupération d’eau de pluie pour maximiser les économies.